La gendarmerie nationale roumaine
Association des forces de police et de gendarmerie européennes et méditerranéennes à statut militaire

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" Jandarmeria romana "

Historique

  • 3 avril 1850 : création de l'institution sous la dénomination de "légion pour la réforme du corps des serviteurs gendarmes". La gendarmerie roumaine a connu depuis de nombreuses réorganisations.
  • 1er septembre 1893 : promulgation de la loi sur la gendarmerie rurale lui conférant, selon le modèle français, une personnalité distincte au sein des institutions étatiques.
  • Dissoute lors de l'occupation soviétique en 1949, la gendarmerie avait alors trois compétences principales :
    • la police rurale.
    • la protection des points sensibles.
    • le maintien de l'ordre public.
  • 1er septembre 1989, inspirée des textes de la gendarmerie française, une première loi d'organisation lui donne pour mission de protéger les personnes et les biens.
  • Recréée officiellement le 5 juillet 1990 suivant l'exemple français, une loi propre d'organisation de la gendarmerie est votée par le Parlement le 18 juin 1998.
    Elle lui attribue de nouvelles compétences, renforce sa position et doit lui conférer dans l'avenir des missions supplémentaires lui permettant de conforter
    sa place dans le système de sécurité et retrouver l'ensemble des missions qu'elle exerçait jusqu'en 1949.

La gendarmerie roumaine fait partie des forces de sécurité au même titre que la Police, le SRI (service roumain d'informations) et le SPP (service de protection et de garde des hautes personnalités). C'est la plus importante force de sécurité.

Ministère de rattachement

La gendarmerie roumaine, de statut militaire est subordonnée au ministère de l'intérieur.

Commandement

Depuis le 10 janvier 2001, la gendarmerie est dirigée par le général de division Tudor CEARAPIN, secondé par quatre adjoints :

  • le colonel Mihut PETRU, chef d'état-major.
  • le général de brigade Ilié GORJAN, service " formation du personnel ".
  • le général de brigade Joan OROS, service " logistique ".
  • le colonel Pop GAVRILA 1, service " ordre public ".

Effectif - Recrutement - Formation

Les effectifs s'élèvent à environ 50.000 hommes dont 40.000 appelés (ses chiffres sont des estimations car, avec le flux des nouveaux engagés sous contrat, l'absorption de personnels venant de la police et l'augmentation du nombre d'officiers formés à l'académie de police, les effectifs augmentent régulièrement). Suite à la déclaration du général Andreescu (ex commandant de la gendarmerie roumaine 2 ), les effectifs pourraient atteindre 80 à 90.000 hommes en 2005 à la fin du processus de professionnalisation totale de l'institution.

4600 cadres quitteront le service actif en 2001. Le modèle d'armée recherché par les autorités est de 112.000 militaires et 28.000 civils en 2003, même si le chiffre de 85.000 militaires est déjà avancé en cas d'invitation à l'OTAN en 2002. Conformément à la nouvelle pyramide des grades imposée par le nouveau guide de carrière entré en application au 1er juillet 2001. Il impose une baisse de la limite d'âge pour les officiers et officiers généraux..
A compter de 2001, les femmes pourront se présenter aux concours d'entrée des écoles militaires (lycées, écoles de sous-officiers et d'officiers).

Nota : Le personnel de la gendarmerie roumaine est composé de militaires (officiers, sous-officiers, engagés sous contrat, appelés) soit 40% de professionnels et de civils. Les effectifs de celle-ci, à partir des officiers jusqu'aux salariés civils, en temps de paix et de mobilisation sont établis par le ministre de l'intérieur.

Recrutement et formation

a) Officiers
Le recrutement se fait après le baccalauréat, sur concours (tests psychotechniques, épreuves de culture générale, d'histoire et de langue étrangère).
Il n'existe pas d'école de formation initiale, propre à la gendarmerie. La très grande majorité des officiers reçoivent leur formation initiale à l'Académie de police, baptisée " Alexandre Ioan Cuza ".
L'Académie forme les officiers destinés à servir dans les différentes forces du ministère de l'intérieur, gendarmerie, police, pompiers et gardes frontières.
Depuis le 8 mai 2000, l'Académie de police est dirigée par le général de division Costica VOICU.
La formation dure quatre ans, repose sur un cursus juridique, des périodes militaires à l'Académie et au camp de Drajna. Elle se termine par l'obtention du diplôme d'officier et d'une licence de droit.
Les élèves officiers de gendarmerie appartiennent, au sein de l'Académie, à une section spécifique, ils n'ont aucun cours commun et sont logés séparément.

Nota : Le nombre de stagiaires de l'Académie est passé de 50 à 100 par an et doit croître, notamment par le transfert d'effectifs de la section police. Une refonte des programmes d'enseignement à été fait et à l'automne 1999, en vue d'augmenter le volume horaire consacré à la sécurité publique et à la police judiciaire.

b) Sous-officiers
L'école de sous-officiers est située à Bumbesti-Jiu (département de Gorj). La formation dure 18 mois. La promotion d'avril 1999 comptait 153 sous-officiers qui, selon leur classement, ont obtenu une affectation en province ou à Bucarest.

c) Les spécialistes
Des officiers et sous-officiers spécialistes sont formés dans les instituts militaires de spécialité rattachés au ministère de la défense (2.000 sous-officiers sont formés chaque année). Pour tous ces personnels "permanents", il existe une formation continue, réglementée par une note annuelle.
Ils suivent, dans les unités, une formation de base comportant quatre disciplines :

  • apprentissage d'une spécialité (auto, transmissions, etc.),
  • formation militaire,
  • formation physique,
  • apprentissage de langues.

d) Les engagés
Ils proviennent majoritairement du rang des appelés de la gendarmerie. Sélectionnés pour leur profil psychologique et leur aptitude sportive, ils sont destinés aux unités mobiles et à la garde des objectifs institutionnels.
Au grade de sergent, ils suivent une formation de deux à trois semaines dans les centres d'instruction avant de rejoindre leurs unités d'affectation. Ils peuvent, au bout de 4 ans de contrat, passer un examen leur permettant de passer sous-officiers de carrière (après une formation de six mois).
7.000 postes d'engagés ont été créés en 1999 ; ces engagés sous contrat remplaceront, d'ici 2005, l'ensemble des militaires appelés de la gendarmerie.


e) Les militaires du rang
La durée du service est de un an.
Les appelés représentent actuellement 70 % des effectifs de la gendarmerie. Leur nombre devraient à terme disparaître des unités mobiles
Les militaires du rang suivent une formation initiale de 3 mois dans l'un des six centres d'instruction de la gendarmerie répartis sur l'ensemble du territoire : Tasnad, Dragasani, Orastie, Falticeni, Lugoj et Cimpulung.
Ils sont formés au combat, aux actes élémentaires du maintien de l'ordre et au sport.

organisation

Unités territoriales

Depuis 1995, la gendarmerie connaît une profonde mutation. Les 8 brigades implantées sur l'ensemble du territoire et qui avaient chacune entre 5 et 7 départements dans leurs zones de compétence ont été transformées en 8 commandements territoriaux implantés à Bacau, Brasov, Cluj, Craiova, Constanta, Ploiesti, Timisoara, Tirgu Mures et dirigés par un général ou un colonel ayant rang de général.
Des commandements départementaux qui disposent, en plus de bataillons et d'unités élémentaires, d'un détachement mobile (150 engagés sous contrat).
Les unités territoriales sont renforcées, à parité d'appelés et d'engagés sous contrat (500 engagés).

Le commandement territorial de Bucarest
Implanté à Rosu, à 14 km de la capitale. Son effectif est de :

  • 400 officiers,
  • 600 sous-officiers,
  • 1300 engagés,
  • 5200 appelés.

Trois bataillons, composés, en grande majorité d'appelés, assurent la garde des points sensibles dans la capitale (bâtiments gouvernementaux, télévision, ambassades, industries de défense).

Nota : Les unités implantées à Bucarest ont été entièrement restructurées.

Unités mobiles
La 11ème brigade mobile, implantée à Baneasa est professionnalisée. Depuis le 1er mars 1999 elle ne compte plus que des engagés sous contrat.
Elle est constituée de 3 bataillons d'environ 500 personnes chacun, cadres et engagés. Les nouveaux engagés ont été recrutés parmi les anciens appelés de la gendarmerie et ont eu, au sein de l'unité, une formation initiale de 1 mois.
La mission de cette brigade est d'intervenir à Bucarest pour le maintien de l'ordre public mais elle peut être amenée à conduire des opérations sur l'ensemble du territoire roumain.

Unités spécialisées

La brigade spéciale d'intervention (BSI)
Groupe similaire au GIGN, il dépend directement du général commandant la gendarmerie.
Implantée à Bucarest, elle provient des rangs de la police de Bucarest où elle était dénommée BAOLP (brigade de l'ordre public).
Elle est commandée par le colonel Pop GAVRILA depuis le 1er mars 1999 et compte un effectif de 1000 cadres (officiers et sous-officiers).
868 de ces cadres sont répartis en quatre détachements. Au sein de chacun d'eux, se trouve un groupe de 50 cadres plus dynamiques et sportifs, destinés aux interventions plus pointues.

La brigade intervient sur l'ensemble du territoire roumain. Elle est une force d'élite expérimentée et professionnelle.

Les unités de montagne
Dissoutes en 1982, elles ont été recrées par la gendarmerie roumaine et exercent deux missions principales :

  • le combat en montagne (porte principalement sur la recherche du renseignement et la traque d'éventuels groupes terroristes),
  • le sauvetage en montagne (uniquement assuré par des bénévoles).

Les unités de plongeurs autonomes et des unités parachutistes
Elles sont du même type que l'EPIGN et chargée d'intervenir par la voie aérienne.

Les unités spéciales de détection chimique
Assurent la garde et la protection de la centrale nucléaire de Cernavoda inaugurée en 1997.

Les unités montées
90 chevaux au total. Ces unités effectuent des missions de surveillance.

Missions

Selon la loi du 16 mai 1998, la gendarmerie roumaine exerce trois types de missions :

En temps de paix
Elle assure :

  • la garde et la défense des points sensibles d'importance nationale, des missions diplomatiques et des représentations étrangères.
  • la protection des tribunaux.
  • la garde des transports de valeurs et de produits spéciaux (explosifs, matière radioactive, substances toxiques).
  • la sécurité des aéroports internationaux en remplaçant l'armée de terre(formation en France à la GTA).
  • l'ordre public depuis le 01/09/2000 autour des écoles sensibles (2100 gendarmes ont assuré la sécurité aux abords des écoles et des lycées,
    3800 ont participé au maintien de l'ordre public par des patrouilles mixtes avec la police).
  • la sécurité de la correspondance classifiée pendant son transport.
  • avec la police, la prévention et la répression des infractions.

Nota :Elle reprend actuellement les compétences de l'armée de terre sur les aéroports internationaux (Bucarest, Otopeni et Baneasa, Constanta et Timisoara), similaires à celles qu'exerce notre gendarmerie des transports aériens.

En temps de guerre
Composante des forces armées, elle peut remplir les missions suivantes :

  • garde et défense de points sensibles non protégés en temps de paix.
  • recherche, capture ou neutralisation de l'ennemi parachuté ou débarqué sur le territoire du pays.
  • participe à la défense des localités.
  • participe à l'évacuation de la population, dirige la circulation, l'escorte et la garde des prisonniers de guerre.
  • Etat d'urgence
  • participe, en cas de nécessité, à la découverte, à la capture ou à l'élimination de groupes subversifs et d'éléments terroristes. Elle peut aider à l'évacuation de points sensibles.

Nota : Les missions d'intervention ordonnées par le ministère de l'intérieur représentent 38,85 % de l'activité de la gendarmerie, l'exécution d'initiative des missions permanentes, 44 % de l'activité totale.

La réforme initialement prévue doit aboutir en 2005.

Deux des cinq étapes ont déjà été menées à bien :

  • Le passage de la BAOLP (brigade de l'ordre public) de la police de Bucarest à la gendarmerie et sa transformation en BSI (brigade spéciale d'intervention)
    le 1er mars 1999.
  • La volonté de professionnaliser, dans leur totalité, les unités chargées du maintien de l'ordre. Il s'agit de 8 bataillons mobiles des 8 commandements
    territoriaux et à terme, le détachement mobile implanté dans chaque département.

La troisième étape concerne la professionnalisation complète des forces de gendarmerie d'ici 2005.

A terme, la gendarmerie sera la principale force de sécurité du pays, tant par ses effectifs que par la l'étendue de ses compétences.

1. Nommé depuis le 10 janvier 2001 au poste d'adjoint au commandant de la gendarmerie roumaine pour l'ordre public.

2. Commande le centre de formation d'études post universitaires et post académiques du ministère de l'intérieur. Ce centre est chargé de la formation de perfectionnement de tous les officiers du ministère de l'intérieur (police, police des frontières, gendarmerie, pompiers militaires, protection civile...). Il compte 150 cadres et agents permanents et a formé en 2000, 1500 officiers. Le français y est enseigné par deux professeurs, un civil et un militaire. Le général souhaite développer la coopération entre son centre et la France - février 2001 -